Double meurtre à Montignies-Lez-Lens

12/12/1904

Mlle Mathieu, âgée de 60 ans, habitait sur la route de Lens à Montignies, au hameau du Bouloir, une villa isolée de construction assez rustique. Elle passait pour avoir assez bien de fortune et, récemment encore, elle avait recueilli la succession de ses deux frères.

Mlle Mathieu n'avait à son service qu'une jeune servante d'une vingtaine d'années, originaire de Brugelette.

Depuis jeudi, les habitants du hameau du Bouloir s'étonnaient de ne point voir ouvert les volets de la villa et avaient fait part de leurs appréhensions à la police locale.

Mais ce n'est que le vendredi matin seulement que le bourgmestre de Montignies Lez Lens, accompagné du garde champêtre, vint voir ce qui se passait. Il pénétra dans la villa, dont la porte de derrière était grande ouverte. Immédiatement, les visiteurs constatèrent un affreux désordre. Poursuivant leurs investigations, ils entrèrent dans la cuisine où ils se trouvèrent brusquement en présence d'un spectacle épouvantable. Dans une véritable marre de sang, gisaient les cadavres de Mlle Mathieu et de sa servante.

Surprises par leurs assassins, elles avaient été lardées de coups de couteau. L'arme du crime se trouvait encore enfoncée jusqu'au manche dans la gorge de la rentière.

Les assassins une fois leur victimes mortes , explorèrent les places de l'étage et du rez-de-chaussée, fouillant les tiroirs des meubles et fracturant hâtivement ceux qui étaient fermés à clef.

Le parquet de Mons a fait une descente, on ne peut évaluer le montant du vol. Il est probable que les assassins sont des individus étrangers à la région, qui ont eu tout le temps de s'éloigner.

Très souvent, parait-il, on avait conseillé à Mlle Mathieu de prendre un solide chien de garde, et de veiller davantage à sa sécurité. Elle répondait invariablement qu'elle n'avait pas peur.

Information complémentaire : La tête de Mlle Mathieu reposait sur une botte de paille à demi consumée et ses vêtements étaient entièrement imbibés de pétrole. Les meurtriers ont voulu, sans doute, supprimer les traces de leur crime par le feu.

L'enquête


Ci-dessous, quelques extraits de presse de l'époque sur l'assassinat ainsi que sur les suites de l'enquête.